23e édition des Rencontres du Cinéma Francophone en Beaujolais – focus sur le jury jeune

Depuis quelques années, l’association L’Autre Cinéma, organisatrice du festival, a choisi d’associer plusieurs lycées de la région à l’événement. Le but du jeu ? Faire venir des classes entières dans les salles du cinéma Les 400 coups et leur projeter quelques uns des films de la sélection en vue d’une remise de prix. 250 lycéens ont donc répondu présents et pris à cœur cette mission d’envergure – à noter qu’une seule des classes parmi celles qui ont été sélectionnées est en option cinéma. Durant deux jours, les adolescents ont découvert cinq films, eux qui, en moyenne, n’en regardent que quelques uns par mois, des blockbusters américains bien souvent. Le cinéma francophone était donc une terre inconnue qu’ils ont ensemble foulée avec autant d’énergie que d’appréhension.

La sélection était riche, porteuse de thèmes contemporains qui en ont ébranlé plus d’uns : les attentats, l’écologie, l’élitisme, les inégalités sociales, la question du déterminisme, celle des liens du cœur et du sang… Des thèmes qui ont donné du grain à moudre aux étudiants, prenant ici le pouls du monde. Car ces cinq films venus de France, de Suisse, du Maroc et du Canada en représentent un certain état. Au programme donc, des longs métrages de nature et style différents qui mettent en scène des personnages au caractère complexe, projetés dans des situations qui les bousculent et les dépassent. D’Amanda de Mikhaël Hers, les lycéens ont apprécié la grâce et la sincérité autant que de voir Paris sur grand écran, de Chien de Garde de Sophie Dupuis, l’énergie du film et le charisme des deux acteurs, Théodore Pellerin et Jean-Simon Leduc, de Le Vent tourne de Bettina Oberli, les épreuves traversées par un couple d’agriculteurs au bord du précipice, de Sofia de Meryem Benm’Barek, l’ambiguïté de l’héroïne et le portrait du Maroc moderne, de L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier enfin, l’atmosphère et les égarements du monde perçus avec clairvoyance par des ado pas comme les autres. Si tous les films n’ont pas remporté l’adhésion de tous les jeunes, ils ont chacun eu le mérite de leur faire vivre une expérience nouvelle et d’ouvrir leur regard. Ce cinéma francophone indépendant qu’ils ne connaissaient pas est devenu en 48H le sujet de toutes leurs discussions. C’est à bulletin secret qu’ils ont chacun voté pour le film de leur cœur. Verdict le 11 novembre.

3 questions à Oscar et Dounia, membres du jury lycéen

Comment avez-vous vécu cette expérience au sein du jury jeune ?

Oscar : C’était très intéressant, rencontrer les réalisateurs et réalisatrices, ça nous a permis d’approfondir les questions qu’on pouvait se poser sur les films. Il y a des films que j’ai moins aimés que d’autres, mais j’étais heureux quand même de les découvrir.

Dounia : Moi aussi, il y a des films avec lesquels j’ai moins accroché, certains que j’ai trouvé trop long et qui m’ont un peu ennuyée. Mais d’autres m’ont plus surprise, comme Chien de Garde et Sofia. L’histoire de Sofia m’a touchée, ça a l’air d’être un film qu’on a déjà vu à la base, mais c’est quand même une histoire vraie, et des cas comme ça, on en entend beaucoup parler.

Vous avez vu 5 films en deux jours, le rythme de certains critiques en festival. Pas trop dur ?

Oscar : Ben j’ai pas l’habitude de voir 3 films dans la même journée, c’est sûr ! Le premier jour, c’était un peu dur de rester concentré. Surtout que les films n’étaient pas tous évidents, parfois le sujet me laissait un peu indifférent par exemple, mais il y avait malgré tout des aspects du film que je pouvais aimer.

Dounia : Ouais, voir trois films le même jour, c’était quand même assez lourd. On n’a pas l’habitude de rester enfermé dans une salle de cinéma aussi longtemps. Je regarde plus des séries chez moi d’habitude, un épisode par soir. Mais au cinéma, je n’y vais qu’une fois par mois en général.

Est-ce que cette sélection de films francophones vous a donné envie de voir plus de films francophones ?

Oscar : Oui, même si tout ne m’a pas plu, je crois que ça m’a rendu plus curieux.

Dounia : Pareil, peut-être que je serai moins réservée. J’aime bien le cinéma, mais je préfère les animaux, et j’en ai repérés plein dans les films qu’on a vu d’ailleurs (Rires) !

Retrouvez sur la page Facebook de FrenchMania dès dimanche le palmarès des Rencontres du Cinéma francophone en Beaujolais.

Photo en Une : Mikhaël Hers, le réalisateur d’Amanda, face au jury jeune – copyright Dominik Fusina.