Les autres films de la semaine : Une Saison en France et Sparring

Une Saison en France  de Mahamat Saleh Haroun

Triste asile

Abbas et ses deux jeunes enfants ont fui la guerre en Centrafrique après le décès de sa femme pour s’installer en France. Ce professeur de français se débrouille comme il peut, entre des logements temporaires et un petit boulot sur un marché. Dans son exil, il a fait la connaissance Carole, une fleuriste avec qui il entretient une relation douce malgré la difficulté de sa situation. Le film de Mahamat Saleh Haroun, qui fut en compétition à Cannes avec Un homme qui crie (Prix du Jury en 2010) et Grigris (2013), est une chronique assez lisse du parcours d’un migrant africain dans le Paris d’aujourd’hui entre demandes de droit d’asile refusées, humiliations quotidiennes et menaces policières. Malgré la présence puissante d’Eriq Ebouaney dans le rôle principal et l’humanité solaire de Sandrine Bonnaire (Carole), Une Saison en France pêche par une mise en scène plate, un propos souvent démonstratif (le parcours du jeune frère d’Abbas) et des dialogues pauvres (les enfants, les seconds rôles). Sans parler des incursions fantastiques mal amenées ou inutilement redondantes (le fantôme de l’épouse défunte). Décevant. F.F-M.

Sparring  de Samuel Jouy 

T’es plus dans le coup Papa

Steve Landry n’a plus le modjo. A 40 ans, c’est un boxeur rincé, et les fins de mois sont de plus en plus difficiles à boucler. Avant de raccrocher les gants, pour ne pas passer pour un loser auprès de sa femme et sa fille, il accepte un dernier contrat et devient le sparring partner d’un grand champion durant sa préparation. Il ne s’agit pas seulement de faire le punching-ball humain mais de rendre les coups, de rivaliser pour donner plus de consistance à l’entrainement. Si Steve se fait d’abord laminer, sa détermination lui vaut de garder sa place. Efficace, Sparring raconte à la fois la traversée du désert d’un boxeur qui espère encore revenir sur le devant du ring et les tourments d’un père de famille qui craint ne de pas être à la hauteur. Mathieu Kassovitz est convaincant dans la peau de cet homme blessé et acculé. Une performance sur laquelle repose l’essentiel du film. A.C