“Un César nommé espoir” ou le paradoxe de la statuette dorée

Recevoir un César du meilleur espoir, c’est le rêve de nombreux comédiens. Mais une fois la précieuse récompense reçue, qu’advient-il de ces jeunes talents honorés le temps d’une soirée par le “petit monde du cinéma” ? En observateur aguerri de ce fameux petit monde, Patrick Fabre, entre autres directeur artistique du Festival de Saint-Jean-de-Luz et réalisateur d’un très joli premier court (Rue des roses, 2012), a enquêté et rencontré agents, directeurs de casting et récipiendaires de la fameuse compression.

Ce documentaire, diffusé ce soir sur Canal+ Cinéma, sort du discours convenu grâce à un choix de témoins convaincant et une mise en scène fine et discrète. On est ému par l’émotion de Christophe Malavoy, premier César du meilleur espoir (en 1983) qui redécouvre le Grand Rex, lieu de son sacre, on suit avec attention l’anti-langue de bois de Naidra Ayadi (récompensée pour Polisse) et d’Adèle Exarchopoulos (La Vie d’Adèle), on apprécie la franchise de Pierre Deladonchamps (L’Inconnu du lac) ou de Sandrine Bonnaire. Le duo Rod Paradot-Elsa Pharaon, respectivement lauréat du César de l’espoir il y a 2 ans pour La Tête haute et directrice de casting qui l’a révélé, est un joli résumé de l’humanité que dégage le film et de la diversité des profils rencontrés : les débutants un peu trop jeunes, les théâtreux désabusés, les espoirs “tardifs”, les parcours plus sinueux… “Un César nommé espoir” est un documentaire sensible qui nous rappelle quelques jours avant la prochaine cérémonie à quel point cette petite statuette dorée est paradoxale : elle révèle, elle fait peur, elle ne sert à rien mais elle peut tout changer !

“Un César nommé espoir”, un film de Patrick Fabre, produit par Mon Voisin Productions – 54 mn – FRANCE

Diffusion le vendredi 2″ février sur Canal+ Cinéma