Écrans Mixtes, épisode 2 : Marie Losier et sa Bolex à l’honneur

La 9ème édition du festival du cinéma queer “Ecrans Mixtes” se tient du 6 au 14 mars à Lyon. Si l’invité d’honneur est James Ivory et que le festival consacre un focus au “Novo queer cinema”, nouvelle vague du cinéma queer brésilien, il fait aussi la part belle aux réalisatrices et réalisateurs français. FrenchMania est sur place à leur rencontre. Épisode 2 : Rencontre avec Marie Losier.

Marie Losier  : “J’ai besoin de créer un cinéma qui soit hors du temps

Le festival Écrans Mixtes a invité Marie Losier, créatrice de la bande-annonce du festival (à voir en bas de l’article) à présenter ces deux long métrages documentaire The Ballad of Genesis and Lady Jaye (2011) et Cassandro the exotico, sorti fin 2018. Mais également une dizaine de courts métrages, musicaux, ludiques et oniriques, qui reflètent bien le travail si minutieux et si particulier de la réalisatrice qui tourne essentiellement avec sa caméra Bolex 16mm aux bobines de 3 minutes et qu’il faut remonter toutes les 25 secondes ! Elle nous parle de sa visite à Lyon et de sa prochaine œuvre produite par Ecce Films dont elle vient d’achever le montage.

Qu’est-ce cela représente pour vous d’être mise à l’honneur dans un festival queer et cinéphile comme Écrans Mixtes ?

Marie Losier : C’est très très beau parce que c’est un festival qui célèbre une forme de liberté, de genre mais aussi de cinéma, ce sont des cinéphiles et c’est un des meilleurs accueils que j’ai eu dans un festival, vraiment ! C’était un très beau moment. J’ai eu beaucoup de retours, de questions à la fin des séances avec les jeunes surtout.

Votre cinéma a quelque chose de très particulier, on a l’impression qu’il invente sa propre temporalité, on est hors du temps, vous imposez votre temps …

Je pense que c’est vrai, et que cela vient peut-être du fait que je suis toujours dans la lune, à côté, c’est un peu un refuge ! La vie est tellement dure que quelque part, j’ai besoin de créer un cinéma qui soit hors du temps, qui célèbre l’amitié. Faire des films de façon artisanale me plaît énormément et, effectivement, place les films hors du temps et notamment loin de la technologie. Dans le monde du cinéma, c’est important de rechercher un médium.

Vous pouvez nous dire quelques mots de votre nouveau film Falling for Felix ?

J’ai commencé à tourner toute seule pendant 4 ans, comme d’habitude avec ma Bolex ! Et avec Felix Kubin, qui est un ami et un incroyable génie de la musique. Pour moi, cela était un plaisir fou qui m’a ramenée à mes années à New York, c’est vraiment un inventeur du son, tout est passion, tout est création, il n’y pas un moment où il n’est pas inspiré. Cela a été un plongeon dans le son, dans l’expérimentation et la performance. Le montage a duré 5 semaines après 5 ans de tournage et vient de se terminer. C’est un mélange entre la fiction et le documentaire, c’est un film très performatif de 50 minutes, c’est un très long court métrage !

Regardez le trailer du festival Écrans Mixtes réalisé par Marie Losier :