Félix Maritaud (Un couteau dans le cœur) : “Tous les personnages sont filmés avec beaucoup d’amour”

A l’occasion de la sortie le 27 juin du deuxième long métrage de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur, nous avons rencontré les principaux acteurs de cette histoire de chair et de sang. Découvert dans 120 battements par minute, Félix Maritaud a électrisé la Semaine de la Critique en mai dernier dans son rôle de jeune prostitué à la dérive dans Sauvage (en salles le 29 août prochain). Ici, il est Thierry, hardeur en slip rouge, option uniforme et interrogatoire pervers …

Votre personnage en quelques mots ?

C’est pas le mec le plus glorieux du film, mais je trouvais ça drôle. Yann me l’a demandé parce qu’il savait que j’avais beaucoup de distance sur la violence et la sexualité et je pense qu’il n’avait pas envie qu’un acteur le fasse chier avec la scène (de meurtre violent impliquant sexe et drogue, NDLR). Je pouvais le faire sans être traumatisé et sans faire de cauchemars après !

Vous avez pensé à certaines figures classiques ou iconiques en particulier pour construire votre personnage ?

C’est assez simple parce qu’on est dans une mise en scène qui fait sa place au groupe, à des espaces, on est rarement seul. Du coup, je n’ai pas eu trop besoin de me préparer, il fallait juste que je sois là, que je sois marrant ! C’est le tournage où j’ai été le plus léger et rigolo. J’ai quand même passé trois jours à me promener en slip et à me trémousser avec des mecs (Rires). Ça m’a fait du bien car c’était juste après le tournage de Sauvage, et du coup, je suis redescendu dans quelque chose de plus simple et de plus cool. Des références ? Pas trop en fait. Il fallait juste que j’aille vers l’humour, vers un personnage qui fasse respirer le film.

Presque tous les personnages du film sont queer. Est-ce qu’il y a pour vous des auteurs, des films queer qui ont une importance signifiante dans votre parcours d’acteur ? 

Les débuts de Bruce LaBruce !  No skin off my ass, Hustler White ont été les premiers films que je regardais, que je dévorais même. Ce sont des films-piliers de ma construction personnelle en tant que pédé, en tant que mec, en tant que punk ! Skin Flick, c’était un film sur des fachos mais c’était super excitant ! LaBruce fait du queer très disruptif. Il y a un petit côté fleur bleue et, à côté de ça, des trucs très trash ! Le cinéma queer est extrêmement productif et créatif parce que, comme dans tout ce qui est en lien avec une certaine forme de censure, le besoin d’exister y est extrêmement fort et ça donne beaucoup d’énergie.

Comment décririez-vous Yann Gonzalez sur le plateau ?

C’est un mec hyper aimant. Il sait très bien ce qu’il veut,  il aime toutes les personnes présentes sur le plateau d’un amour qui n’a pas besoin de justification, un amour simple et très beau. Ça se voit dans le film, tous les personnages sont filmés avec beaucoup d’amour.

Propos recueillis par Ava Cahen et Franck Finance-Madureira

Photo : Jerome Lobato