Festival d’Arras, épisode 3 : Notre top 3 de la compétition officielle

Avant-premières exceptionnelles, compétition de films européens et découvertes, FrenchMania, partenaire du festival d’Arras, partage ses coups de cœur et scrute la compétition européenne de ce rendez-vous nordiste éclectique et convivial. Épisode 3 de notre reportage arrageois avec, quelques heures avant le palmarès, le “Top 3” de nos coups de cœur parmi les 9 films présentés en compétition européenne !

1 – Un Pas derrière les séraphins

Roumanie, milieu des années 90, Gabriel, 15 ans, fait son entrée au séminaire. Là, il va découvrir un monde à part, entre les petits arrangements, les brimades, l’amitié et les trahisons. Et se confronter à une hiérarchie qui manie à la perfection la manipulation mentale, l’autorité aveugle et les chantages éhontés. Cette chronique d’apprentissage de près de 2h30 est une véritable épopée sur la construction personnelle du jeune héros. Ce portrait d’un adolescent qui va être confronté très vite à des choix moraux et éthiques, sait dessiner un cheminement équilibré entre humour potache, enseignements austères, révoltes adolescentes et amitiés sincères. Un Pas derrière les séraphins creuse la psyché de la Roumanie post-révolution avec intelligence et une certaine forme de lyrisme du quotidien, réaliste, simple et direct. Inspiré par ses souvenirs du séminaire, le réalisateur Daniel Sandu fait confiance à la force de son récit qu’il déploie sur une sorte de cartographies des valeurs morales mises à mal par des années sombres et qui peinent à se réveiller dans une Roumanie en pleine mutation. Récompensé par 8 Gopo, l’équivalent roumain de nos César, ce premier film est une petite merveille.

Prochainement en salles. Le film sera visible au “Panorama du cinéma roumain” le jeudi 13 décembre à 19h au Reflet-Médicis.

2 – The Most beautiful couple

Avec son amorce à la Funny Games de Michael Haneke qui rappelle aussi la violence de la scène d’envahissement d’Eastern Boys de Robin Campillo, ce film de l’Allemand Sven Taddicken démarre fort et met la barre haut. Un couple d’enseignants en vacances aux Baléares fait l’amour sur la plage dans un cadre idyllique mais leurs vacances vont prendre une tournure des plus tragiques. Deux ans plus tard, Malte et Liv semblent s’être reconstruit. Mais Malte croise le principal coupable de leur agression par hasard dans un kebab et là, tout bascule. Entre son désir de vengeance menaçant de lui faire perdre la raison et la volonté de Liv de tourner la page, l’équilibre du couple est au cœur des enjeux. La mise en scène est classique, sans gros effets mais permet très souvent au doute, à la peur de s’installer, atteignant parfois des sommets d’angoisse. Récit haletant d’un cas de conscience, The Most beautiful couple est une observation très maîtrisée d’une escalade de violence suite à un trauma violent. C’est parfois un peu théorique mais toujours passionnant.

Prochainement en salles.

3 – Take It or leave it

Candidat estonien dans la course à l’Oscar du film en langue étrangère, Take It or leave it, premier long métrage de Liina Trishkina-Vanhatalo est une belle découverte. La réalisatrice se penche sur l’apprentissage de la paternité en nous racontant l’histoire d’Erik, un trentenaire qui zone un peu trop avec les bad boys du coin, qui découvre que son ex-copine vient d’accoucher de son bébé. La jeune mère ne veut pas de cet enfant et la question qui se pose pour Erik, c’est de le reconnaître et de l’élever ou de le laisser être adopté. Il va prendre une décision qui va changer sa vie et l’homme qui l’est. Écriture rigoureuse, ellipses très bien gérées et comédiens convaincants, si ce premier film estonien ne réinvente pas les codes de la chronique sociale, il en fait un très bel usage. Une réalisatrice à suivre.

Prochainement en salles.

Photos/Crédits : Un pas derrière les séraphins/Indie Sales – The Most beautiful couple/Beta cinema – Take it or leave it/Allfilm Oü