L’Ange (El Angel) de Luis Ortega – Un Certain Regard

Voler, tuer et conduire vite

Un jeune homme angélique pénètre dans une sublime demeure bourgeoise, il prend presque négligemment possession des lieux vides, choisit de la musique et se met à danser. La scène d’ouverture de L’Ange, film argentin co-produit notamment par Pedro Almodovar, donne le ton : un film pop, direct, une hyper-sexualisation des corps, les années 70 et le portrait d’un bel ado voleur et tueur bien connu des Argentins puisqu’il est le détenu le plus ancien du pays : Carlos Robledo Puch aka Carlito.

C’est quand il rencontre Ramón au lycée que cet éphèbe pasolino-viscontien qui aime “emprunter” des objets en tous genres (des disques, des motos, …) va se professionnaliser et intégrer une famille dysfonctionnelle de gangsters plus aguerris. Ambiguïté exacerbée, fascination pour les armes, indifférence à la violence : le désir et la mort sont liés dans L’Ange comme les deux faces d’un même peso. Si la deuxième heure convainc moins que l’entrée en matière, le film a pour lui une esthétique précise quasi almodovarienne et une BO à couper le souffle. Le débutant Lorenzo Ferro est un Carlito idéal et Chino Darin (fils de Ricardo, comédien argentin le plus populaire du monde) est touchant dans son personnage de vingtenaire macho qui doute.

Réalisé par Luis Ortega. Avec Lorenzo Ferro, Chino Darin, Mercedes Moran, Cecilia Roth, Daniel Fanego, Luis Gnecco, Peter Lanzani. Durée : 2h – ARGENTINE-ESPAGNE