Le Saint-André des Arts, le seul, l’unique

Une programmation exigeante et foisonnante pour ce cinéma situé en pleine zone historique et touristique du quartier Saint-Michel. Le Saint-André des Arts, depuis ses premiers jours, se démarque de ses concurrents.

Certains lieux demeurent indissociables de leur créateur. C’est le cas du Saint-André des Arts, lié à jamais à Roger Diamantis. « Un passionné de cinéma qui ne sortait pas des salles d’art et essai et investissait jours et nuits le Champo, le Studio 28…» se souvient avec tendresse son épouse, Dobrila Diamantis. C’est en 1971 que Roger Diamantis rachète un hôtel désaffecté en plein quartier latin et le transforme petit à petit en cinéma. Un cinéma précurseur et emblématique qui adopte le nom de la rue où il loge. Diamantis se fixe pour but de montrer des films que d’autres salles boudent alors comme La Salamandre d’Alain Tanner (personne n’en veut à l’époque). Celui-ci fait l’ouverture des deux salles le 27 octobre 1971 et reste programmé trois ans durant. S’ensuit la projection de L’Empire des sens qui fait de Diamantis le premier programmateur parisien à donner sa chance au sulfureux film de Nagisa Oshima. « Montrer autre chose, rester novateur et garder en tête la notion de transmission, voilà la mission du Saint-André » rappelle fièrement son épouse.

Décédé en 2010, Diamantis laisse derrière lui un lourd patrimoine. Dobrila a repris (avec leur fils) la direction du cinéma en mémoire de son mari et du travail accompli. « Un travail colossal auquel je ne m’attendais pas » lâche-t-elle dans un souffle. En charge d’une partie de la programmation, de la logistique et de la gestion du cinéma, elle s’évertue à conserver l’esprit insufflé par son mari. « C’est presque de l’esclavage » finit-elle par avouer. Mais l’énergie que Dobrila continue de déployer confère au cinéma une vraie richesse en matière de programmation. Le Saint-André des Arts cumule une offre incroyable de cycles thématiques qui lui permet de se distinguer des autres cinémas. Ciblant les films dont la sortie nationale est confidentielle, Dobrila se charge du Cycle Découverte qui chaque semaine donne sa chance à un jeune réalisateur en programmant son film sur 14 séances. On compte aussi un cycle Junior pour encourager les parents à emmener leurs enfants dans les salles dès l’âge de 3 ans, des cycles thématiques (Tribune Libre) pour débattre avec des spécialistes en tout genre à l’issue de la projection ou encore un cycle Voir/Revoir qui permet aux spectateurs de choisir chaque semaine le film qu’ils souhaitent voir sur grand écran. Pour le reste, on vous laisse le soin de la découverte en allant sur le site cinesaintandre.fr. « On fait ce que les autres ne font pas » assène avec fermeté Dobrila. Par souci budgétaire, le Saint-André des Arts n’est d’ailleurs affilié à aucun réseau, pas même celui des CIP. Encore un aspect qui le différencie des cinémas environnants.

 

 

Les + :

  • 3 salles confortables aux fauteuils bleus ou rouges et aux parois curieusement tapissées de briques.

 

  • L’accès à la salle 3 par une autre rue qui oblige à contourner l’angle d’un bistrot parisien et à arpenter la rue Gît-le-Coeur.

 

  • L’environnement, touristique certes, mais si parisien… tout près de la Seine, à proximité de l’élégante place Saint-Michel, de ses commerces, ses brasseries et ses librairies.