Souvenir de Cannes 2017 – par Robin Campillo

Avant que ne s’ouvre la nouvelle édition du Festival de Cannes, FrenchMania vous propose de plonger dans les souvenirs marquants de ceux qui, l’an passé, y ont vécu toute une aventure. Morceaux choisis.

Chronique de Cannes 2017 – par Robin Campillo

Il faut que je réfléchisse un peu … Ah si ! Le moment le plus fort, et sans aucun doute en fait, ça a été la fête après la projection. D’un seul coup, je retrouvais tous mes acteurs – puisqu’on avait fait venir de Paris TOUS les acteurs, les seconds rôles et les troisièmes rôles … On était tous ensemble, bien ivres, et Arnaud Rebotini mixait. Il m’a fait plaisir en mettant plein de morceaux des années 90 comme les Masters At Work. On était entre nous, entourés de quelques distributeurs étrangers qui aimaient le film et allaient le distribuer dans leur pays. Après la présentation à la presse et au public, c’était un moment de joie intense de retrouver également ceux que je n’avais pas vu depuis longtemps et qui sont venus à la fête. C’était un moment très joyeux après une journée très tendue, voire infernale !  C’était bon aussi de retrouver un peu de légèreté car tout n’a pas été évident le jour de la présentation du film : je n’avais pas terminé le mixage son et il m’était assez pénible de voir le film dans la grande salle en pensant à la fin du montage. Cela faisait trois ans que j’étais en tension maximum sur 120 BPM, d’ailleurs j’avais de la tension! Ce moment de lâcher prise, danser sur la musique de Rebotini, c’était une nécessité absolue.

D’habitude quand je fais un film, j’ai quatre interviews à donner. Là, ça a été un changement radical avec 120 BPM à Cannes. J’ai dû faire plus d’une centaine d’interviews en trois jours. Je suis rentré à Paris car je ne voulais pas rester à Cannes toute la semaine. En fait, pour le palmarès, on te fait revenir jusqu’à l’aéroport, tu as un avion à prendre mais tu dois attendre qu’on te dise si tu dois vraiment monter dans l’avion ou pas ! J’étais avec les acteurs et on attendait de savoir si on nous donnait l’autorisation de monter dans l’avion. C’était quand même très particulier… Mais on prenait tout avec le sourire car on savait que le film avait été bien accueilli… C’était super d’être au palmarès mais même si le film n’avait pas reçu de prix, nous aurions été heureux.

120 BPM a remporté Le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2017 ainsi que la Queer Palm 2017.