Top 5 – Les chapeaux de paille dans les films français

Chaque été ses modes, et l’accessoire 2017 est sans conteste le chapeau de paille. Conçu pour protéger la tête des ardeurs du soleil, il trône aujourd’hui sur celle des mannequins qui défilent sous les projecteurs pour des marques de grands créateurs. D’utilitaire (porté par les paysans depuis l’antiquité), il est passé à accessoire de mode, la presse féminine louant le look “nature” et “décontracté” qu’il inspire. Ni une ni deux, ça a fait tilt dans la tête de FrenchMania : et si on partait à la recherche des chapeaux de paille dans les films français ? Cinq exemples, plusieurs usages. 

Un chapeau de paille d’Italie – Maurice Cammage (1941)

Lorsqu’un cheval broute un chapeau de paille à un mariage, ça fait tout un foin. Aux commandes de cette comédie burlesque adaptée de la pièce éponyme d’Eugène Labiche : Maurice Cammage, réalisateur et dialoguiste français, fidèle à Fernandel avec qui il a beaucoup tourné (Les Bleus de la marine, Une nuit de folie, Monsieur Hector …). C’est en bourrique ici qu’il fait tourner le héros, Fadinard (Fernandel), futur jeune marié. Le jour du mariage, catastrophe, le cheval nuptial broute le chapeau de paille d’une des invitées (une bourgeoise sans humour). Décapotée, elle ordonne au jeune marié de réparer la bévue en lui trouver un chapeau identique au sien pour la dédommager. Une quête pleine de rebondissements qui va donner lieu à des quiproquos en tout genre. Un classique, ubuesque, dans la veine des films des Marx Brothers. Et un chapeau de paille, déclencheur de la mécanique comique.

 

 

 

César et Rosalie – Claude Sautet (1972)

A la plage (tournage à Noirmoutier), David (Samy Frey) n’a d’yeux que pour la somptueuse Rosalie (Romy Schneider), maillot deux-pièces noir et chapeau de paille sous lequel ses longs cheveux blonds cendrés sont rangés. Leur bonheur sur ce cliché semble sans nuage, mais Rosalie n’est pas libre. Si David et elle se sont aimés dans leur jeunesse, Rosalie est aujourd’hui avec César (Yves Montand). Entre ces deux hommes que tout oppose, elle hésite – un tâtonnement que Montand a eu du mal à comprendre, communiquant ses craintes à Sautet dès la lecture du scénario. Un tournage compliqué (plusieurs localisations, des acteurs comme chiens et chats, un réalisateur de mauvaise humeur) et un chapeau de paille qui souligne d’une légère ombre l’ovale du plus beau visage du cinéma français ces années-là.

Copyright D.R.

Les Valseuses – Bertrand Blier (1974)

Deux loubards quittent la Drôme pour les bords de mer et, après mille péripéties, quelques conquêtes et plusieurs courses-poursuites, décident de poser leur baluchon dans une maison au bord d’un canal où ils se plaisent à philosopher. Canne à pêche à la main, chapeau de paille sur la tête (même modèle, souple, signe de complicité) : “C’est pas pour dire, mais la première cigarette de la journée, c’est vraiment la meilleure“. Pensée profonde et cadre large. En compagnie de ces deux chapeautés, une femme généreuse, Marie-Ange, qui cherche le sens de son propre plaisir.  Ce n’est pourtant pas avec Pierrot et Jean-Claude qu’elle fera la découverte de l’orgasme, mais avec un grand type fraîchement sorti de prison – et les cris du coq accompagneront la noce.

 

LEffrontée – Claude Miller (1985)

Un été particulièrement chaud. Charlotte, adolescente de treize ans s’ennuie à mourir. Avec Lulu, sa petite camarade de vacances, le courant n’est plus aussi fluide, et Léone, amie de la famille chez qui elle passe la saison, n’a aucun sens de la frivolité et du jeu. Entre cette femme mûre et dure et l’adolescente effrontée (qui sait ce qu’elle n’est plus mais pas encore ce qu’elle va devenir), la hache de guerre est plantée. Communication brouillée. L’accessoire de Charlotte dans le film, c’est la Marinière, vêtement qui a marqué l’imaginaire collectif. Celui de Léone, c’est le chapeau de paille – ornement simple sur la tête d’une quadra complexe. L’Académie en 1986 récompense Bernadette Lafont – interprète de Léone – du César du meilleur second rôle féminin, et Charlotte Gainsbourg du César du meilleur espoir féminin.

Copyright TF1 International

Jean de Florette – Claude Berri (1986)

Gégé toujours. Mais cette fois, changement d’époque et d’allure. Fini de jouer au voyou, c’est dans le costume de Jean de Florette – rat des villes en passe de devenir rat des champs – qu’il se faufile. Les terres que convoite Jean (La ferme des Romarins), Ugolin (Daniel Auteuil), jeune paysan du coin, les avait à l’œil aussi. Alors lorsque Jean en devient propriétaire, le nœud de la jalousie se resserre et Ugolin devient amer. “Sois proche de tes amis, et encore plus de tes ennemis“, dicton qui va inspirer Ugolin, déterminé à récupérer  les terres qui devaient lui revenir. Quid du chapeau de paille ? Il se trouve sur la tête des paysans qui travaillent dans les champs avec Jean, heureux de sa nouvelle vie, comme sur celle de Manon, sa fille, élevée à l’air pur de la garrigue, et héroïne de l’opus suivant sous les traits de la sublime Emmanuelle Béart.