Top 5 – Les disputes en vacances d’été dans les films français

Enfin les vacances ! Pour beaucoup, elles se résument à se dorer la pilule sous le soleil des quatre coins de la France. Les réseaux sociaux en sont témoins : photos de mollets et de petons au bord de la piscine ou de la mer. A cette heure, le farniente est érigée en sport national ! Mais gare aux coups de soleil assassins et aux coups de rosé en trop. Ils forment un mélange particulièrement sulfureux. Les esprits bouillonnent, les égos s’échauffent… et les vacances d’été deviennent aussi le théâtre de disputes sanguines voire sanglantes. Et hop ! Ni une, ni deux, FrenchMania est parti à la recherche des meilleures scènes de dispute en vacances, l’été, dans le cinéma français. Un Top 5 caliente !

Adieu Philippine – Jacques Rozier (1962)

Copyright Collection Christophel

Deux super copines qui n’ont aucun secret l’une pour l’autre partent en vacances en Corse. Programme idéal. Le temps est bon, le ciel est bleu, mais il y a un loup (dans la bergerie) : un homme, Michel, célibataire.  De quoi faire flancher l’amitié que se portent Liliane (Yveline Céry) et Juliette (Stéfania Sabatini). Michel (Jean-Claude Aimini) se sait convoité par les deux amies ce qui l’amuse même. Un soir, alors que Liliane se trémousse au son d’un transistor, savourant sa victoire sur sa rivale (Michel  a daigné lui concéder un slow dans un bar), Juliette explose. Elle ne supporte pas ce bonheur surjoué qui l’éclabousse. Juliette réclame à ce que la musique soit coupée : « C’est à moi que Michel à donner le transistor ! ». Derrière le mot transistor, c’est le mot cœur qui s’écrit. Suivent les cris et la rancœur. Cette dispute d’été est bien d’un classicisme désarmant. Rien de plus banal en effet que deux amies a priori inséparables qui se déchirent pour un homme de passage. Vacances gâchées, filles fâchées.

 

 

Les Valseuses – Bertrand Blier (1974)

Copyright C.A.P.A.C/S.N Prodis/ Universal Pictures France

Au bord d’une rivière, Papa, maman et leur fi-fille déjeunent paisiblement et parlent météo. Soudain débarque une bande de filous, Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere), un duo qui fiche la pagaille en moins de deux secondes. Les bourgeois, ils les bouffent au petit déjeuner, et ça ne fait pas un pli, cette famille là en est. Chantage, insulte, tout y passe. Fascinée par leur audace, la jeune fille de 16 ans (Isabelle Huppert) prend le parti des troubles-fêtes puis reçoit une gifle mémorable de Pôpa. « Pauvre con, sous-merde, ingénieur de mon cul ! » s’égosille-t-elle contre le patriarche avant de s’enfuir avec ses nouveaux compagnons de route. Le dépucelage de la jeune première aura lieu quelques mètres plus loin. Chic. Une séquence mythique à forte valeur symbolique : l’adolescente qui dit merde à son ringard de père et part s’encanailler. La soif de liberté. Ça tombe bien, au milieu coule une rivière !

 

 

 

Les Randonneurs – Philippe Harel (1996)

Copyright Les Productions Lazennec / StudioCanal / TF1 Films Production

Corse, acte II ! Ici, on a affaire à une bande d’amis parisiens à l’assaut du GR20, célèbre chemin de randonnée. Menée par Eric (Benoît Poelvoorde), la joyeuse troupe de jeunes actifs dynamiques se met en route, unie derrière un slogan digne d’une Startup : « We are together ! »  L’accent franchouillard est de mise. Et là, c’est la déroute. A la tombée de la nuit, Eric égare le groupe dans le maquis hostile. Le fanfaron a cru bon de prendre un raccourci « très en vogue ». Raté. Le campement de nuit s’installe, les compagnons s’endorment mais à leur réveil des sangliers ont dévoré l’ensemble des provisions. Dans la seconde, Coralie (Karin Viard) s’effondre en larmes, Matthieu (Vincent Elbaz) passe aux insultes et Nadine (Géraldine Pailhas) se terre dans son silence, choquée. Bonjour, l’ambiance. Les joyeuses vacances entre amis-aventuriers se transforment en règlements de compte personnels. C’est alors qu’Eric, avec un tact légendaire, tente de rassurer ses compagnons: “Au moins nos sacs seront plus légers“. Sacrée mauvaise foi. Il deviendra ensuite le bouc-émissaire du groupe… Désolé Eric mais leur sentence est irrévocable !

 

 

Le soleil, les oiseaux et… ta mère – Djamel Bensalah (1999)

Copyright AFMD

Quatre puceaux de banlieue débarquent dans une coquette station balnéaire, Biarritz. Leur défi ? Perdre leur virginité à tout prix. Pourtant, leurs casquettes vissées sur le crâne et leurs joggings de footeux pré-pubères n’ont pas l’effet escompté : leur « Seine-Saint-Denis style » n’emballe personne, encore moins les « meufs ». La lassitude les guette jusqu’à ce qu’arrive alors dans la partie la douce Lydie (Olivia Bonamy) que Youssef (Jamel Debbouze) tente de séduire. Pour impressionner la belle, Youssef a une idée : Un Scrabble ! Indémodable. S’illustrent les talents orthographiques des jeunes banlieusards, devant une demoiselle outrée : « Partouz » côtoie « Teuf » et « Orgasm ». Élégant. C’est alors que Youssef propose le fantaisiste « Explinaison » en 11 lettres…. Tout le monde s’esclaffe ! Dommage, c’était mot compte triple ! Mais Lydie est charmée. « Il faut inventer des mots ? C’est le Scrabble ‘new génération’, c’est ça ? » crie Mike (Julien Courbey) agacé avant de quitter la partie. Les copains de Youssef ont compris sa combine de baratineur et se savent devancés… Youssef sera donc le premier à être dépucelé, le veinard !

 

 

Nos jours heureux – Olivier Nakache et Eric Toledano (2006)

Copyright QUAD PRODUCTIONS

« Y en a qui bosse l’été, monsieur ! » Et ce n’est pas les moniteurs de colonies de vacances qui diront le contraire. Le farniente, très peu pour eux ! Vincent Rousseau (Jean-Paul Rouve) en sait quelque chose, lui, qui dirige sa première colonie de vacances à l’été 92. Les gamins qui chouinent, les tracas d’organisations et les parents-poules : il gère. Mais rapidement, il réalise qu’un obstacle de taille a été sous-estimé : Caroline (Joséphine de Meaux). Une « mono » névrosée qui terrifie les gamins et horripile ses collègues. Ses faits d’arme ? Entonner en pleurnichant un cantique (l’émouvant « Aimer et se savoir aimé ») face à des enfants apeurés ou insulter le fameux « roi des cons au pays des emmerdeurs »… Sacrée Caro ! Vincent veut lui en toucher deux mots et profite d’un débrief entre monos pour rétablir la communication brouillée. L’introvertie bafouille, ne comprend pas les remarques… « Depuis le début de la colo, t’es transparente ! » la recadre avec violence Vincent, exaspéré. Le ton monte, et Caro fond en larmes, encore une fois.  L’été de tous les pleurs.