Trois bonnes raisons d’aller voir Haut les filles de François Armanet

Commande, commando

Copyright Sonia Sieff

Raconter soixante ans de rock français dans un documentaire, c’est un pari ambitieux. Mais ce qui rend Haut les filles plus ambitieux encore, c’est son approche au féminin : “Bashung, Manset, Christophe, Murat, on a tourné autour de ces noms avant d’avoir l’idée de nous intéresser aux femmes. C’était plus original, et par ailleurs, la scène féminine, aujourd’hui, est bien plus intéressante que celle des garçons” a confié le réalisateur François Armanet à Allociné. FrenchMania vous donne trois bonnes raisons d’aller voir Haut les filles en salles dès le 3 juillet.

1 – Parce que l’histoire du rock s’écrit au féminin pluriel

François Armanet et Bayon, son co-scénariste, ont choisi 10 chanteuses qui, à travers leurs témoignages et anecdotes, disent ensemble la difficulté d’exister dans un monde viril et clos sur lui-même, mais aussi comment, par la musique et par la scène, elles ont progressivement pris le dessus sur les préjugés les plus collants. On retrouve à l’écran Françoise Hardy et Brigitte Fontaine, celles qui ont milité pour l’IVG et fait la révolution en mini-jupes, mais aussi Elli Medeiros, icône punk, Vanessa Paradis, icône pop, Charlotte Gainsbourg, Lou Doillon, Imany, et les nouvelles reines de la pop-rock, Jehnny Beth, Jeanne Added et Camélia Jordana. Des artistes aux mots qui émeuvent autant qu’ils cognent et inspirent. Car toutes sont allées à rebours des codes et figures imposés.

Copyright Sonia Sieff

2 – Parce qu’on voit des reines en scène

Mais l’atout majeur de ce documentaire aussi passionnant que vivant, c’est l’utilisation des extraits de concerts de ces artistes féminines, la puissance qui se dégage de leur performance, la manière dont le corps s’exprime et vibre en scène. La mue de la scène rock passe par là aussi, et le documentaire trace habilement le parcours de ces combattantes. Face aux clichés, ces images spectaculaires de live sont la plus tangible et efficace des réponses.

3 – Parce que le combat n’est pas fini

Si la scène rock a changé, si les femmes font désormais la une des journaux musicaux, la partie n’est pas encore terminée. Ces 10 chanteuses qui ont activement aidé à tourner la page du vieux monde poursuivent leur action commando. Avec elles, il est enfin permis de changer de rythme, de peau, de langue, de sexe. Sans elles, l’histoire du rock français n’aurait pas été la même.

Haut les filles, réalisé par François Armanet. Durée : 1H19. En salles le 3 juillet 2019. FRANCE.