Trois bonnes raisons de découvrir Papicha

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En salles depuis mercredi Papicha de Mounia Meddour suit le parcours de Nedjma, jeune étudiante passionnée de mode au cœur de l’Algérie des années 90, celles de la régression démocratique et de la terreur islamiste. Ce premier film, censuré dans son propre pays de production, était en sélection il y a quelques mois à Cannes (Un Certain regard). Il a récemment été récompensé du Valois du scénario au Festival du Film Francophone d’Angoulême. Papicha est notre conseil-ciné du week-end ! Trois bonnes raisons d’aller le découvrir en salles :

1- Parce que la parole est aux femmes

La réalisatrice centre son récit autour d’une bande filles attachante dont la meneuse, Nedjma, affirme dès le début du film son statut de battante, s’opposant par ses actes comme par le verbe aux hommes qui veulent la priver de sa liberté d’expression. Cette parole devient essentielle au film et dit tout de l’état d’urgence dans laquelle se trouve la jeunesse opprimée et des moyens dont celle-ci dispose pour faire bouger les lignes, au prix des balles. La réalisatrice adopte les codes du mélodrame pour mieux porter un discours auquel le monde reste parfois sourd.

2- Parce que la mode n’est pas qu’un accessoire

C’est par la mode que le personnage principal s’exprime aussi, par la confection de vêtements qui déplaisent aux radicaux qui veulent couvrir les femmes de la tête aux pieds et interdire le défilé de prêt à porter que veut organiser Nedjma, point d’orgue dramatique du film. Si l’on regrette le caractère prévisible de ce dernier, la manière dont la réalisatrice se sert du vêtement pour affirmer le statut féministe et politique de son héroïne ne laisse pas indifférent. Il est un véritable outil à sa révolte, pas un accessoire, pas un effet de style.

3- Parce que une star est née

Le personnage de Nedjma est interprété par la comédienne franco-algérienne Lyna Khoudri, déjà aperçue dans Les Bienheureux et Luna. Elle incarne ici avec une énergie communicative une jeune femme qui va au bout de ses rêves bravant la radicalisation d’un pouvoir qui s’exerce, avant tout, sur les femmes. Elle fait également partie du casting exemplaire des Sauvages, la série brillante et politique de Rebecca Zlotowski, visible actuellement sur Canal+, et sera très bientôt à l’affiche du nouveau Nakache/Toledano, Hors-Normes, de Qu’un sang impur d’Abdel Raouf Dafri (scénariste d’Un Prophète, des Mesrine et de la série La Commune) ainsi que du très attendu The French Dispatch de Wes Anderson. Rien que ça !

Réalisé par Mounia Meddour. Avec Lyna Khoudri, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda… Durée : 1H45. FRANCE – ALGÉRIE. En salles depuis le 9 octobre 2019.