Trois questions sur Mauvais Lapin

En mai dernier, le réalisateur portugais Carlos Conçeicao présentait à la Semaine de la Critique son court métrage Mauvais Lapin, l’histoire étrange d’un frère, de sa sœur malade et d’un jeune homme pas farouche.  Rencontres express avec le réalisateur et le comédien français Mathieu Charneau sur ce conte envoûtant.

Carlos Conceiçao

Quelle était l’idée de départ de Mauvais Lapin ?

Je ne me souviens pas avoir eu l’idée d’un message ou d’une idée particulière à faire passer. La première version du scénario date de 2009 ! Je voulais faire un film sur une relation familiale très fusionnelle et parler de la tendance que nous avons à utiliser ou cannibaliser les gens qui nous entourent. Le frère et la sœur du film sont très proches en âge et ont développé leur propre univers. L’idée du costume de lapin (Ndlr : porté par le personnage du frère) venait de mon envie de créer un univers proche du fantastique, en même temps très enfantin au départ et qui peut dériver vers quelque chose de plus pervers. C’est mon sixième film, j’avais déjà eu le chance de présenter Goodnight Cinderela à la Semaine de la critique en 2014 qui était un film plus politique.

Quelles sont vos inspirations ?

J’essaie de trouver mon inspiration loin du cinéma même s’il y a plein de films et de réalisateurs que j’admire. J’aime la peinture, la musique et l’univers des « comics ». Mon long métrage a été tourné juste avant de façon très indépendante et avec un petit budget et le même comédien principal (Ndlr : João Luís Arrais qui interprète le frère) , il s’intitule Flowers for Godzilla. João était dans Les mystères de Lisbonne, le dernier film de Raoul Ruiz quand il avait 14 ans, c’est là que je l’ai repéré. Je l’ai retrouvé dans une pub Fanta au Portugal et tout de suite est née l’envie de travailler avec lui !

Matthieu Charneau

© Raul Cabrera

Quels souvenirs gardez-vous du tournage de Mauvais Lapin ?

Mon meilleur souvenir, c’était vers la fin du tournage, dans la cabane recréé en studio . Ce studio était tenu par deux grands artistes et cela a créé une vraie bulle à la fois enrichissante et magique. J’ai beaucoup apprécié la générosité de João et de Júlia (Júlia Palha) qui sont à la fois très jeunes et très professionnels. C’était émouvant et drôle, l’équipe était géniale. Le plus compliqué c’était le froid pour moi qui suis pas mal dénudé dans le film. Les scènes sous la pluie m’ont vraiment abattu physiquement j’ai eu la crève pendant un mois !

Propos recueillis par Franck Finance-Madureira

Le film Mauvais Lapin est à découvrir lors de la séance « Queer Palm à Paris » (avec également Les Îles de Yann Gonzalez, Queer Palm « Hornet » du court-métrage à Cannes) le samedi 1er juillet au Christine 21 à 19h. Pour réserver un billet, c’est ici : https://www.eventbrite.fr/e/billets-hornet-presente-la-queer-palm-a-paris-35661325986