La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania

Les cercles de l’Enfer

Brut. Cru. Kaouther Ben Hania fait de ce récit véridique du parcours du combattant d’une jeune femme après son viol un film direct et d’un réalisme troublant.

Elle est belle ce soir-là Mariam (Mariam Al Ferjani) dans sa robe sexy prêtée par sa copine. Elle est en beauté et au cœur de l’attention, c’est elle qui organise la soirée. Mais quelques heures plus tard, alors qu’elle flirte sur la plage avec un garçon charmant, des policiers l’isolent et la violent. De cette scène on ne verra (presque) rien, le film se concentrant sur l’après, sur la nuit que va vivre Mariam, de clinique en cellule, de postes de police en cabinet de médecin légiste. Mal à l’aise dans cette robe qui désormais la rend coupable aux yeux de ceux qui devraient la protéger en tant que victime, elle ne va pas céder, elle va franchir un à un les obstacles, faire fi des menaces, dans une succession de chapitres-plans séquences simples et précis, concentriques comme le sont les “cercles de l’Enfer”.

En intégrant à ce récit documenté et d’un réalisme glaçant de la Tunisie post-révolution les codes des films de genre (thriller, film d’horreur, film de traque), la réalisatrice Kaouther Ben Hania  fait de La Belle et la meute une œuvre aussi universelle que son titre de conte horrifique. Un film nécessaire et efficace. Un film rare.

Photos : Jour2Fête
Réalisé par Kaouther Ben Hania. Avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Chedly Arfaoui, Noomen Hamda, Mohamed Akkari, Anissa Daoud, Mourad Gharsalli. Durée : 1h40. TUNISIE-FRANCE
A lire demain sur FrenchMania : Rencontre avec Kaouther Ben Hania et Mariam Al Ferjani