La Filmothèque du quartier latin, l’antre de la cinéphilie

Nichée en plein cœur de la Mecque du cinéma – expression de Quentin Tarantino pour nommer la rue Champollion – la Filmothèque du quartier latin est un bonheur pour les cinéphiles et pour ceux qui auraient envie de réviser leurs classiques. 

Cet ancien cabaret transformé en théâtre dans les années 1950 devient salle de cinéma en 1956. Propriété d’abord de la société Pathé au début des années 1980, la future Filmothèque a soif d’indépendance et s’inscrit rapidement dans le circuit art et essai. Elle est rachetée et adopte le nom qu’on lui connait en 2005 sous l’égide de la famille Causse.

Un cinéma qui ne préfère pas que les blondes ….

La Filmothèque du quartier latin est une déclaration d’amour au cinéma. Une déclaration intime et confidentielle. Ses deux salles, parfaitement entretenues, portent le nom de deux icônes féminines évoquant l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Enfoncez-vous sans hésitation dans les profonds fauteuils rouges de la salle 1, voluptueuse, et justement baptisée “salle Marilyn”. Imprégnez-vous du charme discret – et tout aussi confortable – de la deuxième salle (légèrement plus petite) aux tons bleus cette fois et associée à la figure d’Audrey Hepburn. Enfin, embarquez pour un voyage qui n’a de destination que le grand cinéma. Celui d’hier, classique et inclassable.

… indispensable à tous cinéphiles

Ce cinéma de quartier puise sa force dans sa programmation, libre et inspirée. Gérant de la Filmothèque par héritage mais surtout par amour pour le 7e art, François Causse – fils de Jean-Max, le propriétaire du lieu – explique avec passion qu’ici « les films ne sont pas considérés comme des produits mais comme des œuvres ». Ne pas envisager la Filmothèque comme un simple musée, unique gardien d’œuvres patrimoniales, mais plutôt comme un lieu qui permettrait à ces œuvres de rester en vie, tel est l’objectif. Les films bénéficient d’un traitement moderne, projection en numérique haute définition 4K et traitement du son impeccable, qui font de leur retransmission un bonheur visuel et auditif. La garantie du confort du spectateur en salles.

Au programme : grands classiques, pépites oubliées, rétrospectives qui font souvent écho à l’actualité. « Nous faisons en sorte de relier les œuvres actuelles avec l’histoire du cinéma, son patrimoine » explique François Causse. A titre d’exemple, vous pouvez revoir Annie Hall le 24 janvier prochain, soit une semaine avant la sortie du nouveau film de Woody Allen. La Filmothèque ouvre aussi sa programmation à des ciné-clubs comme celui de l’association des Amis de Balzac qui vient animer un débat autour du film La Peau douce  de François Truffaut le samedi 17 février, à des leçons de cinéma (Alain Garel le 5 mars pour le film Boucher de Claude Chabrol) ou encore à des festivals – le prochain en date étant « Toute la mémoire du monde », le festival international du film restauré du 5 au 17 Mars. Venez les yeux fermés si vous avez soif de grands crus et de références aiguisées.

Les petits + :

* Les alentours de la Filmothèque, l’émulation parisienne, le brassage culturel, le charme des petits commerces et des nombreux cinémas indépendants d’époque.

* L’absence totale de pub et de bande-annonce avant la séance. Le film commence pile poil à l’heure. Une aubaine pour tous ceux qui s’exaspèrent de devoir subir les slogans de groupes d’assurance avant leur film.

* Pas de réservation possible. On vient avant le film pour acheter sa place et basta. Quel plaisir de ne pas devoir réserver sa place 24h à l’avance ni de choisir sur ordinateur le numéro de son siège (nouvelle tendance horripilante chez UGC et consorts).