Le Musée des merveilles de Todd Haynes

Jeux d’enfants

Après Carol, auréolé de la Queer Palm et du Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara en 2014, Todd Haynes revient sur les écrans avec Le Musée des merveilles, lumineuse fable en compétition officielle du Festival de Cannes 2017 – une des rares œuvres aimables et bienveillantes de cette édition. Adapté du roman de Brian Selznick (l’auteur de Hugo Cabret), ce nouveau long métrage du papa de Velvet Goldmine joue des temporalités et fait varier le tempo. Il suit sur deux époques distinctes les parcours de Ben et Rose, des héros hauts comme trois pommes. Ben rêve d’un père qu’il n’a jamais connu, et Rose, d’une mère plus présente et plus aimante. L’histoire de Rose se passe dans les années 1920, en noir et blanc. Celle de Ben, dans les années 1970, en couleur. Le point de convergence de ces deux histoires se trouve facilement, mais le charme enfantin de cette jolie fable efface les réserves que le scénario nous inspire. C’est sa douceur qui remporte la manche, sa poésie pleine de candeur. Le cœur est là, Todd Haynes l’ouvre, mais on aurait voulu des battements encore plus forts, comme lorsque Ben découvre dans un musée du Queens un panorama de New York en miniature. La ville est à ses pieds, allumée. L’image est sublime, impérissable. Todd Haynes nous émeut avec l’histoire de ces deux enfants en quête d’amour et d’aventure. Une touche à la Spielberg qui fait mouche.

Réalisé par Todd Haynes. Avec Oakes Fegley, Millicent Simmonds, Julianne Moore … Durée : 1h57 – USA.