Le Semeur de Marine Francen

L’attente des femmes

1852. Dans un petit village montagnard français, les hommes disparaissent. Petit à petit, il n’en reste plus aucun. Les femmes sont alors livrées à elles-mêmes, et si elles apprennent vite à survivre par leurs propres moyens, se pose fatalement la question démographique. Quid des générations futures ? De la postérité ? L’espèce est menacée. Un pacte est alors scellé : si un homme débarque, toutes devront se le partager. Après des mois passés dans l’isolement le plus total, la providence conduit un bel et sombre inconnu jusqu’à elles. La suite, vous la devinez. Scénario prévisible mais réalisation avantageuse, Le Semeur, adaptation de L’Homme semence de Violette Ailhaud, soutient la thèse de l’impossibilité d’un monde sans hommes. A l’origine, un géniteur, et des femmes qui deviennent toutes des mères par peur de s’éteindre – au second plan, la guerre. Curieux. Binaire. Ce premier long métrage aurait pu être dérangeant, voire subversif, cependant, il manque d’intensité et de mystère (l’attrait et l’infinité du désir féminin sont finalement des sujets qui restent timides). Pas suffisamment sensoriel, pas suffisamment substantiel. Le chemin que prend Marine Francen est trop droit. Malgré la beauté du geste et une comédienne (Pauline Brulet) envoûtante, Le Semeur nous laisse sur notre faim, circonspect face à cette réflexion menée sur les mots (Victor Hugo est la référence ultime) et les corps (fonctionnels, théoriques).

Réalisé par Marine Francen. Avec Pauline Brulet, Alban Lenoir, Géraldine Pailhas… En salles le 15 novembre 2017. Durée : 1H40. FRANCE.