Une Île de Gaïa Guasti et Aurélien Molas

Pauvres pêcheurs

Copyright Image et Compagnie

Après Trépalium (2016), Ad Vitam (2018) ou encore Il était une seconde fois (2019), Arte diffuse depuis le 9 janvier 2020 une nouvelle série fantastique et policière française, imaginée par Gaïa Guasti et Aurélien Molas, dont l’action se déroule quelque part en méditerranée. Ad Vitam revisitait le mythe de l’immortalité, Il était une seconde fois, celui du voyage dans le temps, Une Île, elle, s’intéresse aux sirènes et aux légendes assassines qu’elles charrient. C’est Lætitia Casta qui incarne l’une de ces ensorcelantes créatures, semant la panique sur cette île qui ne dit pas son nom en supprimant ses marins, ses médecins, ses maris… Trop de thématiques s’emboîtent malheureusement le pas dans cette série au premier épisode pourtant prometteur. La fable ici se veut à la fois écolo et féministe mais ne trouve ni son rythme de croisière ni le bon dosage des ingrédients. Ecolo, parce qu’elle montre des pêcheurs désœuvrés face à des eaux polluées. Féministe, parce qu’elle raconte l’émancipation d’une jeune femme, Chloé, jouée par Noée Abita (parfaite), qui ne sait rien de sa généalogie, jusqu’à ce qu’apparaisse Théa (Lætitia Casta) dans sa vie. Les fils sont gros, et le maillage des différentes intrigues entre elles peine à convaincre sur la durée. Quant à la mise en scène, si elle est sobre et tenue, elle manque justement d’un geste singulier qui aurait pu donner une dimension supplémentaire à cette série étrange sans suspense ni rugosité. Récompensée du prix de la meilleure série française en 2019 au Festival Séries Mania, Une Île a le mérite d’oser le mélange des genres (thriller, revenge, chronique insulaire, récit d’apprentissage, fable sur la parenté), mais n’est pas suffisamment habitée pour entrer dans le panthéon des séries françaises de l’année. Trop confuse. Trop fuyante.

Une Île – Mini-série – 6 x 45 min – Diffusion : Arte. Depuis le 9 janvier 2020.