Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson

Un Besson spectaculaire

Valérian et la Cité des mille planètes a débarqué en France avec dans son sillage une critique américaine particulièrement négative et des premiers chiffres au box-office décevants. Que la critique américaine soit si virulente à l’égard de Luc Besson n’est pas surprenant. Le réalisateur français a en effet souvent été épinglé par celle-ci  des deux côtés de l’Atlantique, parfois sans raison. Et pourtant Valérian s’apparente aux dernières grosses productions américaines qu’a pu défendre cette même critique. Aussi peu surprenant que les Gardiens de la Galaxie 2 ou Wonder Woman, pour ne citer qu’eux, avec le même manque de finesse quand il s’agit d’évoquer l’amour et la paix.

Sauf que Valérian et la Cité des mille planètes dispose, lui,  d’une imagerie passionnante et créative, dont la singularité met à mal la pauvreté visuelle de nombreuses productions américaines récentes. Pour cela, Luc Besson a reproduit fidèlement le travail de Jean-Claude Mézières, dessinateur des bandes dessinées Valérian et Laureline, créées en 1967 avec la complicité de Pierre Christin. Avec Valérian, Besson embarque le spectateur dans un voyage vertigineux. Au programme, un marché en plein désert qui se dévoile et s’anime sur une autre réalité – utilisation intéressante de la réalité virtuelle -, une cité galactique grandiose où cohabitent des milliers de civilisations, et surtout une planète paradisiaque entièrement détruite par une guerre apocalyptique. Dans cette séquence immersive, l’absence de dialogue et les grands mouvements de caméra circulaires, permettent l’apparition d’une certaine forme de poésie.

Le cinéaste réussit alors à nous passionner avec son bestiaire qui rappelle forcément Star Wars. Etant donné l’influence du travail de Mézières sur la saga de George Lucas (et pas que), Luc Besson aurait eu tort de s’en priver. Les correspondances sont évidentes, notamment lors de la poursuite en vaisseaux spatiaux. Mais il serait injuste de voir simplement en Valérian la reproduction de tout un panel du cinéma SF, puisqu’il ne fait que rendre à César ce qui lui appartient. Si Valérian n’est pas aussi réussi que le Cinquième Élément, c’est surtout à cause d’une perte de rythme en deuxième partie et d’un scénario simple et trop prévisible. Rappelons que derrière son casting international (Cara Delevingne, la véritable héroïne du film, et Dane Dehan), Valérian est né d’équipes majoritairement françaises. Pour une fois que le cinéma français fait preuve d’ambition dans le domaine du blockbuster, on aurait tort de s’en priver.

Réalisé par Luc Besson. Avec Cara Delevingne, Dane Dehan, Clive Owen, Alain Chabat … Durée : 2H18. En salles le 26 juillet 2017. FRANCE