La Villa de Robert Guédiguian

Famille décomposée

Entrer dans un film de Guédiguian, c’est retrouver une famille, un cadre, un certain confort. C’est encore plus vrai pour La Villa qui s’ouvre sur les retrouvailles d’une fratrie évidente (Daroussin, Ascaride, Meylan). Le père est très mal en point suite à une cigarette de trop. Angèle, l’actrice “parisienne” (Ariane Ascaride) et Joseph (Jean-Pierre Daroussin), le retraité malgré lui en pleine rupture avec sa jeune petite amie (Anaïs Demoustier) ont rejoint Armand (Gérard Meylan), le “bon fils” resté près du père et qui a repris la brasserie familiale. Unité de lieu (cette villa enclavée dans la calanque de Méjean), unité de temps (quelques jours) pour se concentrer sur l’essentiel : l’héritage, le deuil, et comme toujours chez Guédiguian, l’espoir d’un avenir meilleur. On aurait pu se passer du trauma lié à la perte d’un enfant et de l’arrivée un peu inopinée d’une jeune fratrie de migrants censée faire écho à notre trio de sexagénaires et qui apporte une relativisation un peu voyante. On préfère garder en mémoire la très belle présence de Robinson Stévenin en pêcheur, amoureux de théâtre et d’Angèle, et ce merveilleux flashback du trio, filmé il y a plus de 30 ans, sur le “I want you” de Bob Dylan.

Photo : Anaïs Demoustier, Ariane Ascaride, Robinson Stévenin, Gérard Meylan et Jean-Pierre Daroussin dans La Villa / Copyright AGAT FILMS & CIE / France 3 CINEMA