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La Vénus électrique de Pierre Salvadori

par | 13 Mai 2026 | CINEMA

Une ouverture basse tension

Le Paris des Années folles. Un casting français affriolant (Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Vimala Pons, Gilles Lellouche). Une nouvelle comédie romantique de Pierre Salvadori. Sur le papier, La Vénus électrique possédait tous les ingrédients nécessaires pour électriser la Croisette, et ouvrir avec charme et panache cette 79e édition du festival de Cannes. Malheureusement, le film peine à trouver son rythme de comédie, et les acteurs leurs personnages. Passé maître dans l’art de la mise en scène du mensonge et des faux-semblants, Pierre Salvadori (Hors de prix, En Liberté !) opte pour une narration à tiroirs, façon Alice aux pays des merveilles. Dans ce vaudeville, il embarque une fausse voyante mais vraie foraine (Demoustier), un peintre endeuillé (Marmaï), un marchand d’art loyal mais intéressé (Lellouche) et une épouse décédée revenue les hanter (Pons). Tous ces personnages vont tour à tour se jouer des tours – entre impostures, manipulations et quiproquos… L’arrivée dans le récit d’Irène, l’épouse réveillée d’entre les morts (via la lecture de son journal intime par Suzanne la fausse voyante) apporte un soupçon de fantaisie, et réveille ses partenaires de jeu, empêtrés dans des caricatures sans âme pendant une bonne partie du film. Hélas, c’est seulement par petites touches. Si la structure narrative romanesque est appréciable, elle fige néanmoins les émotions dans une mécanique trop littéraire, à laquelle se heurtent sans cesse les corps des comédiens, qui tentent tant bien que mal d’incarner ces figures de papier. Mais y croient-ils vraiment ? Dommage, pour une œuvre convoquant l’amour authentique et les croyances. On retiendra tout de même quelques moments de grâce, comme cette scène érotique dans laquelle le montage joue de la répétition, mêlant le passé et le présent pour renforcer la sensualité du moment. Ou encore un sens du détail comique souvent réussi, à l’instar du cinéma toujours généreux de Salvadori.  

Écrit par Pierre Salvadori, Benoit Graffin, Benjamin Charbit. Réalisé par Pierre Salvadori. Avec Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Vimala Pons, Gilles Lellouche. 2h02. Diaphana Distribution. En salles le 13 mai 2026. 

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