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Barbara Pravi : « Les films de Jacques Demy ont toujours été mon espace »

par | 1 Juin 2026 | Interview, z- 1er carré gauche

Retour de Cannes ! Barbara Pravi, auteure-compositrice-interprète qui, après sa révélation lors de l’Eurovision 2021, a débuté une carrière de comédienne plus que prometteuse, faisait partie cette année du jury du prix de la création sonore préside par le cinéaste Vincent Maël Cardona. Ce prix créé par Christian Hugonnet, Président-fondateur de la Semaine du Son, récompense un film qui se distingue pour sa création sonore au sein des longs métrages présentés dans la section « Un Certain regard ». Il a récompensé cette année le très beau film népalais Les Eléphants dans la brume (en salles le 23 septembre 2026). Barbara Pravi, rencontrée en tout début de festival, faisait part de ses attentes, évoquait sa « French » cinéphilie et sa carrière naissante d’actrice…

Comment regarde-t-on un film en en se focalisant sur la création sonore ?

J’étais marraine cette année de la Semaine du Son à l’Unesco et, en parlant avec Christian, qui a fondé le prix ici à Cannes, j’ai trouvé ça hyper étonnant de récompenser un film via ce prisme. Je n’avais jamais pris conscience du fait que le son nous entoure dans un film, il ne s’agit pas là de la musique, c’est vraiment le son, le bruit. Ça m’a vraiment permis d’envisager le son autrement. Et je me rends compte que depuis, j’entends différemment. C’est comme si mon oreille était plus ouverte à un truc qui était tout le temps autour de moi et auquel je n’avais jamais fait attention. Je n’ai pas regardé de film en ayant cette conscience-là depuis et j’ai hâte de voir ce que ça change dans la façon qu’on a de regarder un film avec ses oreilles, d’entendre un film.

Quand on dit cinéma français, quelles images vous reviennent immédiatement en tête ?

J’ai eu une période où je regardais beaucoup les films de la Nouvelle Vague. J’ai vu, je pense, à peu près tous les films avec Bardot, Catherine Deneuve. J’adore les comédies musicales et les films de Jacques Demy ont toujours été mon espace. Après, c’est vrai que je suis une cinéphile à moitié. C’est-à-dire que j’ai moments où je regarde énormément de films à la suite et des moments où je peux ne plus rien regarder pendant des mois. Mais les films auxquels je reviens toujours, ce sont mes films d’enfance : Peau d’âne et Les demoiselles de Rochefort, je pense que je les connais par cœur, notamment toutes les chansons. Ça, ce sont vraiment mes deux classiques d’enfance même si j’ai aussi été très Disney.

Après vos quelques expériences en tant qu’actrice avec Lelouch (Finalement, 2024) ou pour la télévision, notamment la série sur George Sand en 2025, avez-vous des rêves de cinéma ?

Mon rêve, c’est d’écrire une comédie musicale un jour. Ça manque et on ne sait plus le faire, je trouve. En tout cas, c’est difficile ! Dans les dernières années, je n’ai pas été transcendée par une comédie musicale comme j’ai pu l’être par West Side Story, Chantons sous la pluie ou les films de Demy.

Comment décririez-vous votre lien avec le milieu du cinéma ? Comment est-il né ?

Après l’Eurovision, en partant en tournée, j’ai rencontré beaucoup d’actrices, beaucoup d’acteurs. Je pense que ça m’a aussi beaucoup aidé à m’intéresser plus ou à m’intéresser mieux au cinéma actuel, parce que je vais très peu au cinéma. Ma meilleure amie, c’est Enya Baroux qui a écrit et réalisé On ira. J’ai quand même beaucoup de gens autour de moi qui font ce métier, soit qui sont réalisateurs, soit qui font du son, soit qui sont cadreurs, monteurs, etc. Tout cela m’intéresse énormément mais c’est venu plutôt sur le tard

Qu’est-ce qui a été le plus marquant dans votre jeune carrière d’actrice ?

Ce que je peux raconter, mais je ne crois pas que ce soit nouveau, c’est que Claude Lelouch n’a pas de scénario C’est-à-dire que tu arrives, tu ne sais pas ce que tu vas faire, tu ne sais pas pourquoi, tu ne sais pas comment et c’était ma première expérience de cinéma donc ça marque ! Après, j’ai adoré tourner dans la série sur George Sand. Le côté reconstitution d’époque m’a enchanté parce que j’adore me déguiser.

Vous avez envie de poursuivre aussi cette carrière-là ?

Oui, j’aimerais beaucoup mais il faut trouver la compatibilité entre le moment où tu es en tournée et celui où tu peux être disponible. Moi, je fais des tournées hyper étendues qui durent en général un an et demi, voire deux ans. Et c’est compliqué là-dedans d’avoir du temps et de l’espace mental pour faire autre chose d’aussi physique que le cinéma. C’est une préparation mentale, mais aussi carrément corporelle. Je pense que le travail du corps dans ces choses-là est très important. Il y a des similitudes entre interpréter des chansons et interpréter au cinéma, c’est clair. Il doit y avoir des fils tendus. J’ai passé pas mal de castings et à chaque fois, ça s’est hyper bien passé. C’est juste que ça se décale tout le temps, les tournages. Je me suis retrouvée plein de fois dans la situation où on me dit que tu tournes en octobre, puis finalement, ça se décale, ça se décale. C’est en janvier. Et en janvier, moi, je suis en tournée, donc je ne peux pas…

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