Des débuts chez Nicola Garcia et André Téchiné, une pause, puis un grand retour avec 120 battements par minute, Arnaud Valois est un comédien exigent qui enchaîne depuis le film de Robin Campillo les rôles au cinéma et dans l’univers des séries en France et à l’international. Dans La Femme de, il interprète Bob, beau-frère et amant mi-loser, mi-vénéneux de l’héroïne.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce personnage de Bob ?
Arnaud Valois : C’est vraiment cette histoire de thriller domestique. Je trouvais ça hyper intéressant. Et puis, assez personnellement, le fait d’aller vers ce personnage, me permettait d’aller creuser tout ça. J’ai adoré travailler avec David (Roux, le réalisateur NDLR), et la façon dont il mène la direction d’acteur. Et j’avais ce rêve de jouer avec Mélanie Thierry bien sûr, mais aussi avec Eric Caravaca. Ce personnage de Bob est un peu décalé par rapport au reste de la famille, ce n’est pas un raté mais pas loin d’après ce qui est dit de lui. Il est un peu à côté et il est un peu ado attardé, on l’imagine revenir dans la famille de temps en temps pour leur taper un peu d’argent. Le mec qui arrive sur la quarantaine et qui n’a pas créé sa propre famille, n’a pas de fille à présenter. Et là, il vit un moment difficile parce que sa belle-sœur le rejette.
Même s’il est au cœur de cet adultère, ce n’est pas lui qui va aider le personnage de Marianne à s’émanciper, il reste dans le cadre bourgeois qui lui est imposé…
Oui, alors que lui se voit comme révolutionnaire, se voit comme différent des autres, très rebelle mais un rebelle à deux balles qui ne fait pas le poids face à Marienne. Mélanie, c’est une actrice exceptionnelle et j’aime la façon dont elle défend ce rôle. J’ai pu faire l’expérience en live de ce feu qui débarque quand on dit « moteur » et d’un coup la pièce s’embrasse ! J’avais juste à m’accorder à son énergie à elle et je savais que ça aller être super. Il y a quelque chose avec elle qui est tellement puissant, tellement présent. Elle ne t’écrase pas pour autant, mais c’est juste que ce feu dont elle a besoin pour créer, il chauffe très fort et du coup, tu peux surfer dessus.
Éric Caravaca, c’est aussi un acteur puissant, dans ce qu’il imprime de douceur dans ce personnage finalement assez détestable…
Je crois que c’est intelligent d’aller chercher quelqu’un comme Eric pour ce personnage. Et jouer avec lui, c’est complètement différent. Il rigole beaucoup entre les prises, il est dans une déconcentration / concentration. Une grande place était laissée au jeu des acteurs, quelque soit l’importance de leur rôle. C’est important dans ce genre de film parce que les personnages sont vraiment au premier plan, c’est eux qui sont les supports à tout. Le travail de David est remarquable. C’est archi précis. Quand tu vois que ça joue bien partout, tout le temps, à tous les niveaux, ça donne envie. Ça donne envie de jouer encore plus. Et pour revenir à Eric, c’est quelqu’un de délicieux en plus d’être un immense acteur qui te prend sous son aile, qui fait attention à toi. C’est précieux.

