Un regard amoureux sur le cinéma français + francophone

En direct du canapé de FrenchMania, épisode 3

par | 26 Mar 2020 | CINEMA

Chaque mercredi, FrenchMania vous propose une série, un film et/ou un documentaire français à découvrir sur petit écran, en ligne ou en VOD, depuis votre canapé, pour garder le moral et la santé ! Aujourd’hui, deux docs et une fiction : Melville, Betty Boop et le chagrin d’amour vu par Hafsia Herzi.

Melville, le dernier samouraï, par Cyril Leuthy – en replay sur Arte

Jean-Pierre Melville – crédit INA – site Arte.

Une silhouette imposante, une voix, et une fenêtre par laquelle l’imaginaire fugue. Derrière les verres teintés des lunettes qu’il porte presque toujours sur le nez, Melville (son nom de Résistant) évoque le calme, et la solitude dont il a besoin pour travailler, fuyant les rayons du soleil pour ne pas se laisser distraire. Besogneux, Melville l’est, et c’est dans le noir, les volets fermés, qu’il a accouché du scénario de L’Armée des ombres ou bien du Samouraï. Ce sont les premières minutes du documentaire, et déjà on saisit l’invitation qui est faite. A travers le portrait – composé d’archives et de témoignages – de ce cinéaste unique et autodidacte qui a dirigé les plus grands acteurs français (Belmondo, Ventura, Delon), Cyril Leuthy réveille les thèmes majeurs de ses grandes œuvres : la masculinité, le châtiment, l’égarement, les ténèbres, la mort, le deuil. Qu’est-ce que ses personnages, tous misanthropes, virils et obsessionnels, disent de lui ? C’est une des pistes amorcées par ce documentaire qui file le mystère Melville avec passion. Par l’histoire et l’intime, on découvre quelques uns des secrets qui se cachent sous le chapeau du cinéaste. Mais plus que tout, ce documentaire donne envie de revoir du Melville, génie du polar qui aimait les films de gangsters hollywoodiens des années 1940 et s’est définitivement classé dans le panthéon international des grands auteurs au même titre que Howard Hawks. Bingo, Arte rediffuse Le deuxième souffle, on respire et on y va !

Betty Boop For Ever, par Claire Duguet – en replay sur Arte

Betty Boop, court métrage musical de Dave Fleischer “A Language of my own” , 1935 – crédit : Lobster – site Arte.

La plus célèbre des pin-up de cartoon fête ses 90 ans ! “Betty Boop n’a pas pris une ride, juste de la couleur“. Dans son documentaire, Claire Duguet revient sur l’histoire de ce personnage aux grands yeux noirs qui a fait chanter le cœur de l’Amérique et du reste du monde. Il n’y a pas si longtemps, la star féminine du cinéma d’animation, créée par Max Fleischer, faisait la couverture du New Yorker pour dénoncer, la mine effarée, les violences et agressions sexuelles aux États-Unis. Boop Oop #MeToo. A travers les yeux de la créature s’est toujours reflétée la société américaine, comme ses accents machistes. Pas étonnant alors que ce personnage (sur-sexualisé par Hollywood) continue d’être aujourd’hui un symbole de l’évolution de la condition féminine, justement parce qu’il en a électrisé les clichés. Aussi divertissant que militant, ce documentaire donne à voir Betty Boop comme un sujet actif de la pop culture, une icône fière que les yeux grivois des premiers spectateurs n’ont pas réussi à dévorer. “Elle est en téflon” dit la productrice Lili Zanuck. La pin-up continue de s’amuser, n’en déplaise aux rabats-joie et, dévêtue ou rhabillée (le code Haynes s’en est chargé en 1934), de bousculer les convenances. Betty Boop se conjugue au passé (génération “Flappers”), au présent et au futur, paroles de Jeni Mahoney, l’arrière-petite-fille de Max Fleischer, de la créatrice de mode Chantal Thomass, de la chanteuse Melissa Laveaux ou encore de la performeuse Viktoria Modesta. Initiales BB forever, on vous le dit.

Tu mérites un amour, de Hafsia Herzi, en VOD sur Arte

Hafsia Herzi dans Tu mérites un amour – crédit : Les Films de La Bonne Mère

Sorti en salles en septembre 2019, présenté à La Semaine de la critique la même année, le premier long métrage d’Hafsia Herzi, Tu mérites un amour, débarque en VOD (merci Arte). Si vous n’avez pas encore vu ce bijou, c’est l’occasion de s’évader un été à Paris avec Lila (Hafsia Herzi), trentenaire au cœur brisé qui cherche les moyens de le réparer. Sur la route de Lila, plusieurs garçons et filles, des amis réguliers, des amants passagers, et Rémi (Jérémy Laheurte), celui par qui le drame arrive. Une histoire ordinaire, presque banale, à laquelle Hafsia Herzi apporte de la vie, de la grâce et de la sensualité. Tu mérites un amour bouleverse parce que ses intentions sont toujours justes, parce qu’il est rare que le cinéma parle chagrin d’amour et reconstruction avec autant de perspicacité et d’âme. Tout le casting est merveilleux, chaque personnage, même anecdotique, existe sous les yeux d’Herzi. Il y a un monde, une promesse tenue de bout en bout, et des larmes, forcément, à la fin. Mais que le film fait du bien. A voir ou revoir dès maintenant sur Arte Boutique. Et à lire ou relire, nos interviews de la réalisatrice et des principaux acteurs.

Info en plus : si vous aimez le cinéma canadien, voici de quoi vous réjouir. 10 films cultes canadiens à voir gratuitement, sur l’initiative de L’Office National du Film du Canada (O.N.F.). Tout est mis à disposition sur la chaîne Youtube de l’O.N.F. #enjoy #francophonie

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