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Festival “Avant-Premières !” : Nos 5 coups de cœur à découvrir

par | 1 Juil 2026 | CINEMA, Reportage, z- 1er carré gauche

Nos 5 coups de cœur du cinéma francophone à découvrir au Festival “Avant-Premières !” du 1er au 10 juillet.

Ils ont brillé au dernier festival de Cannes et vous pouvez les découvrir dès cette semaine dans le cadre du festival “Avant-Premières !” organisé par les Cinémas Indépendants Parisiens, association qui regroupe 29 salles d’art et essai et dont FrenchMania est partenaire. Pour vous donner envie de vous plonger dans la programmation foisonnante de ces 10 jours de cinéma où vous pourrez retrouver aussi bien le lauréat 2026 de la Queer Palm, Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun que la Palme d’or, Fjord de Cristian Mungiu ou une version restaurée 4K de Lawrence d’Arabie de David Lean nos envoyées spéciales à Cannes vous disent tout sur leurs favoris francophones de cette sélection 2026. Rendez-vous en salles !

© Kidam & Michigan Films

Notre Salut d’Emmanuel Marre (Sélection officielle – Prix du scénario)

La Zone libre d’intérêt 

L’arrière-grand-père d’Emmanuel Marre était collabo. « Pas vraiment un tabou, plutôt un silence dans la famille », explique le co-réalisateur de Rien à Foutre. C’est cette information qui est le point de départ de Notre Salut, son nouvel opus qui nous plonge dans la France de Vichy. Au-delà de la force de la démarche de se confronter, à travers son récit personnel, au récit collectif de la France de Vichy et du fascisme de manière générale (« Plus jamais ça ! » a déclaré Marre lors de la première), la mise en scène épouse également ce désir de faire dialoguer présent et passé. Dépoussiérant le genre habituellement rigide du film historique, Marre embarque sa caméra au plus près des corps, éclairés par une lumière blanche qui donne l’impression d’immédiateté d’un reportage au journal télévisé. La modernité surgit dans une cravate à paillettes ou par la musique pop eigthies lors les deux ou trois respirations musicales qui ponctuent le récit. Si la majorité de la presse française parle de « claque » devant ce film résolument puissant, Notre Salut garde pourtant un côté nébuleux et inaccessible. Se refusant à toute contextualisation trop explicite (et tant mieux), le film échappera cependant peut-être à un public international qui n’aura pas toujours « la réf’ » de ce qui se joue entre les non-dits.  EM – En salles le 30 septembre 2026.

Adieu monde cruel de Félix de Givry (Semaine de la critique – Film de clôture)

Plusieurs nuits d’un rêveur

Adieu monde cruel renoue avec un cinéma romanesque et hors du temps des années 1960-1970, quelque part entre Robert Bresson et François Truffaut, et la voix off reconnaissable de Françoise Lebrun agit comme un clin d’œil à ces références. Pourtant, l’intrigue se déroule bien de nos jours, dans la petite ville normande et religieuse de Lisieux ; mais De Givry semble vouloir se débarrasser des marqueurs contemporains. Quand Otto rencontre Léna (Jane Beever), lycéenne solitaire elle aussi, vivant avec sa mère dans l’hôtel de celle-ci, une véritable rencontre va lier les deux adolescents, qui trouvent chacun dans l’autre un miroir d’eux-mêmes. Fugitif, désormais en marge de la société, Otto semble vivre dans un monde d’une autre sensibilité. Parfois un peu académique, Adieu monde cruel puise sa force dans la lenteur et les silences, et redonne foi dans le pouvoir magique du conte, là où l’imagination enfantine règne ! DL – En salles le 9 septembre 2026.

Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall (Semaine de la critique – Prix découverte Queer Palm)

L’amour sur le bitume

Pierre Le Gall imbrique brillamment deux films en un. Le premier tient du film social quasi documentaire, en immersion dans l’univers méconnu des camionneurs : les longues nuits à rouler, les entrepôts, les collègues retrouvés pour un dîner, l’habitacle exigu comme maison, les retards à éviter, la pression économique… À partir de ce réel, gris et concret comme le béton, Le Gall, dont la caméra toujours en mouvement épouse le rythme de vie des travailleurs et des poids lourds, emprunte une déviation vers le mélodrame passionné. Comment s’aimer quand on roule dans des directions opposées ? S’ils sont solidement enchevêtrés, ces deux aspects du film ne sont pas faits pour coexister, comme si l’amour et le travail devenaient incompatibles. De cette antinomie nait le coup de foudre et la possibilité du couple comme destination. En attendant, leur routine bouleversée par leurs corps et leur cœur désireux de se retrouver, crée des scènes drôles et poignantes. Un appel en visio vire à un moment d’érotisme fiévreux. Une erreur de synchronisation routière conduit Étienne à une impulsion dangereuse poussé par l’élan amoureux. Un nouvel an se célèbre facétieusement à coup de klaxons croisés sur un pont. Autant de petits instants organiques, ceux d’un début d’histoire d’amour, qui viennent de l’écriture solide et généreuse du réalisateur, et nous donnent envie de ressentir ces premiers émois. DL – En salles le 2 décembre 2026.

Ton Animal Maternel de Valentina Maurel (Sélection officielle – Prix d’interprétation féminine Un Certain Regard)

Amour vache

Aaprès avoir exploré le rapport au père et au désir pour les hommes dans son puissant premier long Tengo Sueños Eléctricos, c’est au lien maternel, comme son titre l’indique, que s’intéresse ici Valentina Maurel. Un lien fait de soin, de tendresse et de brutalité, que se partagent tous les personnages féminins – Elsa, Amalia, Isabel mais aussi l’ancienne nounou des deux sœurs, la femme de ménage, ou encore la chienne qu’Amalia traîne partout avec elle. Un regard tendre et brutal, aussi aimant que sévère, c’est celui que Maurel pose sur ses personnages, les filmant au plus près, avec une caméra nerveuse, constamment en mouvement (presque trop) – à l’instar de ses héroïnes fébriles. L’émotion vient de ce regard, de cette affection à la fois omniprésente mais qui ne dit pas son nom. Un film sur ce qu’est être fille, être mère, être sœur, ou amante aussi. Ou les innombrables facettes et possibilités de la féminité. EM – En salles le 7 octobre 2026.

© Windy Production – Moana Films

Mémoire de fille de Judith Godrèche (Sélection officielle – Un Certain Regard)

Pucelle que vous croyez

« C’est l’absence de sens de ce que l’on vit au moment où on le vit qui multiplie les possibilités d’écriture » dit Annie Ernaux dans Mémoire de fille. Donner sens aux souvenirs, à la mémoire d’un instant passé, et le faire résonner au présent : voilà le projet de la romancière, et voilà aussi le projet de Judith Godrèche, adaptant ce récit dans son long-métrage éponyme. Godrèche filme les scènes de « sexe » (entre guillemets car c’est d’agression sexuelle qu’il s’agit) à hauteur de son visage, ou dans son point de vue : un plan de l’ampoule au plafond, l’image floue et le son étouffé racontant la sidération et l’ébriété. On pense à L’Événement et Une jeune fille qui va bien devant ce récit d’émancipation rétro sur fond de cigarettes, mélodies de Brassens et de Gréco. Mais si l’académisme de la mise en scène, et certaines longueurs narratives (l’ampoule, le dernier tiers post-colo avec le propos sur la vocation, pourtant intéressant) rendent la tension moins palpable que dans les films cités, la force de Mémoire de fille doit beaucoup à Tess Barthélémy. On peut se questionner sur le choix de Godrèche, qui par ce film revisite (exorcise ?) quelque part son propre récit de masculinité traumatique, de choisir sa propre fille pour le premier rôle. Il n’empêche que la jeune actrice livre une performance bouillonnante et incarnée. Tour à tour naïve, maladroite, galvanisée ou provocatrice, elle lie avec force la mémoire de cette fille, au présent de celles d’aujourd’hui. EM En salles le 30 septembre 2026.

Programme complet ici :  https://www.cinemasindependantsparisiens.fr/film-avant-premiere/

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