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Jusqu’à la fin de la semaine, Carcassonne accueille la deuxième édition du Festival International du Film Politique, une initiative originale qui lie la passion du cinéma, celle du débat d’idées, et tend à porter un regard à 360° sur les problématiques sociétales auxquelles notre monde est confronté. Pour en savoir plus sur ce nouveau venu sur la scène française des festivals qui propose de nombreuses avant-premières, plus de 50 invités professionnels et accueille plus de 5000 spectateurs déjà fidèles, FrenchMania a rencontré Henzo Lefèvre, son directeur et co-fondateur aux côtés d’Étienne Garcia.

Henzo Lefèvre, Directeur du festival international du film politique de Carcassonne (Crédit photo : festival international du film politique de Carcassonne / MAH PHOTO – Mathieu Dréan)

Qu’est-ce qui vous a amené à créer ce festival du film politique ?

Henzo Lefèvre : J’étais collaborateur parlementaire quand Étienne, qui travaille dans la production, a créé le festival du film de fiction historique à Narbonne en 2014. J’avais, dans mes fonctions, répondu à sa demande de financement. Nous sommes devenus amis. Je n’avais pas envie de travailler en politique par la suite et j’avais envie de monter une société de production d’événements orientée sur le cinéma. Tout s’est accéléré quand Étienne m’a proposé de prendre la direction de son festival. Je pense que dès l’adolescence mes premières claques cinématographiques étaient des films à sujets de société, comme Welcome avec Vincent Lindon par exemple. J’ai vu beaucoup de films politiques durant mes années de lycée et d’études. L’an dernier, notre maître de cérémonie c’était Stéphane Guillon que j’écoutais tous les jours sur France inter et qui a sans doute été celui qui m’a politisé ! Le choix de ce thème est aussi lié à notre activité sur le festival du film de fiction historique, nous constations avec Étienne que de nombreux films étaient éminemment politiques, et, autour d’un café, avec le conseiller culture de la présidente de région, nous nous sommes interrogés sur la pertinence d’une programmation particulière autour des questions politiques. On s’est donné un an et demi pour se dire que pas grand chose n’existait dans ce domaine, Karl Zéro n’avait pas encore monté son festival à Porto Vecchio, et nous pensions avoir assez de films suffisamment forts dans la production mondiale pour créer un festival. Nous avons construit ensemble la ligne éditoriale qui nous paraissait pertinente à tous les deux car nous avons des sensibilités différentes.

Comment travaillez-vous en amont sur l’organisation et la programmation ?

Henzo Lefèvre : A Cannes, on fait le tour des vendeurs internationaux au marché du film, puis auprès de certains distributeurs après Cannes selon leurs line-up. Nous sommes plusieurs de l’équipe à avoir un premier regard sur une centaine de films, pour la phase de pré-sélection, afin de décider si les films sont éligibles ou non. Avec Étienne, nous décidons selon la ligne éditoriale que nous avons définie : le cœur du scénario doit être un sujet politique. Et puis, de façon plus subjective ce sont les qualités artistiques du film qui motivent nos choix.

Vous avez tenu à un équilibre, dans la compétition, entre fiction et documentaire, c’était important pour vous ?

Henzo Lefèvre : L’équilibre fiction-documentaire vient d’une volonté réelle de ne pas mettre le documentaire au second plan. On veut vraiment que les deux genres soient mis en avant. Et il y a toujours une vraie richesse dans les propositions documentaires, cela a été très difficile cette année, il y en a plusieurs qu’on aurait aimé programmé mais il a fallu faire de choix. On ne s’impose pas de thématiques, de contraintes, en se disant qu’on veut un film sur tel ou tel thème, on ne programme pas au gré de l’actualité politique. La sélection reste resserrée avec 6 fictions, 6 documentaires en compétition. La seule thématique que nous nous sommes imposés, suite à l’intérêt qu’elle a suscité l’année dernière, c’est la discussion que nous avons souhaité initier sur les questions environnementales avant d’avoir choisi le film 2040. Pour la troisième édition, nous avons vraiment envie de travailler sur la notion du droit des femmes avec un peu plus de recul que si nous l’avions fait cette année.

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