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Ma Frère de Lise Akoka et Romane Gueret

par | 7 Jan 2026 | CINEMA, z - Milieu

Chroniques d’un été

Un peu plus de 3 ans après Les Pires, leur premier long métrage, le duo Lise Akoka – Romane Gueret retrouvent l’esprit et les personnages de leur série géniale Tu préfères ? (Lire notre article de 2020) : on retrouve Fanta Kebe et Shirel Nataf qui sont ici Djeneba et Shaï, amies depuis toujours qui vivent Place des Fêtes à Paris. Lorsque la première pistonne sa “frère” comme monitrice d’une colo, elles embarquent avec une petite bande de gamins du quartier pour un séjour nature dans la Drôme sans vraiment laisser derrière elles les problèmes et galères de leur quotidien parisien…

Avec ce film de colonie de vacances, presque devenu un sous-genre du cinéma français (Nos Jours heureux pour ne citer que ce hit signé Nakache et Toledano), Akoka et Gueret parviennent à mettre au premier plan, celles et ceux qu’on ne voit que trop rarement à l’écran : la jeunesse des quartiers populaires. Ici les enfants, pré-ados et post-ados monitrices et moniteurs sont comme saisis sur le vif de leurs vies, de leurs espoirs, de leurs vannes. Le rythme de cette chronique d’été est trépident et suis le flot (le flow) du langage pour finalement parvenir à aborder, dans un joyeux bordel organisé et naturaliste, tous les sujets du vivre ensemble : les amours de jeunesse, les religions, la quête de soi, le consentement, le racisme, l’antisémitisme, le genre (via Naël, personnage non-binaire incarné avec une élégance folle par Yuming Hey), la précarité, l’abandon parental, le sentiment de classe…

L’écriture est fine, hilarante, émouvante, et colle à une réalité jusqu’alors souvent caricaturée. Les autrices/réalisatrices ont su capter l’essence de leur époque, de leur quartier et trouver des enfants au naturel désarment pour incarner cette petite bande de Parisiens en vacances (La directrice de casting Marlène Serour est à l’ouvrage comme pour leur film précédent). La précision du récit et du jeu leur permettent de s’affranchir d’un didactisme convenu estampillé “film de quartiers” et de réaliser un grand film populaire drôle et touchant. La grande idée du film ? Confier le rôle de l’adulte (Sabrina, la directrice de colo en mode daronne cool) à la star de la chanson Amel Bent, actrice née, qui irradie l’écran de son humanité contagieuse pour son premier grand rôle au cinéma.

Réalisé par Lise Akoka et Romane Gueret, écrit par Lise Akoka, Romane Gueret et Catherine Paillé. Avec Amel Bent, Fanta Kebe, Shirel Nataf, Yuming Hey, Idir Azougli… – Durée : 1h52 – Studio Canal – En salle le 7 janvier 2026

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