Un regard amoureux sur le cinéma français + francophone

Nadia, Butterfly de Pascal Plante

par | 1 Août 2021 | CINEMA, z - 1er carre droite

Portrait de la jeune fille aux Jeux

C’était malin. Tourner un film sur la fin de carrière d’une nageuse prenant pour cadre les Jeux Olympiques de Tokyo en 2019 afin de le sortir sur les écrans en 2020 pendant la grande fête internationale du sport. Mais une pandémie est passée par là et le film, labellisé Cannes 2020 et qui sort finalement bien pendant les J.O., mais à l’été 2021, est devenu une douce uchronie narrant des épreuves avec du public et une effervescence bien éloignée de ce que retransmet la télévision ces jours-ci.

Mais là n’est pas l’essentiel. Le film de Pascal Plante, sous ses aspects relativement minimalistes (cadres simples, récit quasi documentaire et plan séquences comme “embedded”), raconte avec la subtilité de ceux qui connaissent leur sujet (le réalisateur a été nageur de haut-niveau et les comédiennes le sont toutes) la fin de carrière volontaire de Nadia, jeune nageuse au sein de l’équipe canadienne de natation aux Jeux Olympiques de Tokyo. La prouesse du film, c’est de saisir sur un temps très court et riche en événements (la course, les médias, la fête entre athlètes…) tous les questionnements de la jeune athlète à ce moment de bascule. La fin des sacrifices et le début d’une nouvelle vie incertaine d’étudiante en médecine occupent les pensées de Nadia mais nourrissent également ses doutes. Nadia, Butterfly sort du cadre défini du “film de sport” puisque les enjeux sont ailleurs, dans la tête d’une athlète qui porte un regard singulier sur la vie et son sport. La métaphore filée (nage papillon, chrysalide et renaissance) telle un précipité de vie permet un “coming of age” expresse et le regard de Pascal Plante sur sa comédienne principale, l’exceptionnelle Katerine Savard, grande nageuse canadienne actuellement en lice aux J.O. de Tokyo, situe toujours le propos avec justesse : Qu’est-ce que l’intimité au cœur d’un collectif ? Que devient l’individu qui choisit de s’en extraire ? Le portrait de jeune femme qui en résulte est vif, moderne et d’une humilité qui force l’admiration.

Écrit et réalisé par Pascal Plante, avec Katerine Savard, Ariane Mainville, Hilary Caldwell, Cailin McMurray, Pierre-Yves Cardinal. Canada, 1h47. En salles le 4 août 2021 (Les Alchimistes)

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