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Trois bonnes raisons d’aller voir Notre Dame de Valérie Donzelli

par | 20 Déc 2019 | CINEMA

Pierre Deladonchamps et Valérie Donzelli dans Notre Dame – Copyright Scope Pictures – Les Films de Françoise

Depuis mercredi, une joyeuse comédie est en salle, idéale pour les fêtes, drôle et pas bébête. Il s’agit de Notre Dame, cinquième long métrage de Valérie Donzelli, sans doute son film le plus réussi. FrenchMania vous donne trois bonnes raisons d’aller le découvrir.

1 – Tati, Demy, Varda et les autres

Valérie Donzelli signe une comédie pleine de fantaisie, sous influence du cinéma de Tati – dans les endroits les plus burlesques, dans la composition de certains décors, dans la manière dont les personnages se déplacent dans l’espace -, multipliant encore les clins d’œil à Jacques Demy (merveilleux moment de comédie musicale dans le film) mais aussi à Agnès Varda dont Donzelli a toujours revendiqué l’inspiration. C’est tout un monde sur ressorts – et sur lequel souffle fort le vent de la Nouvelle vague – que la réalisatrice dresse, cernant par le biais de l’humour (raffiné mais pas toujours) – les embarras et les paradoxes de la société, en plus des romances qu’il y a dans l’air.

2 – Maud Crayon vs la société phallocrate

Ce que raconte Valérie Donzelli à travers le personnage de Maud Crayon (qu’elle interprète), c’est comment une femme, architecte mais aussi maman, et de nouveau enceinte (du père de ses enfants dont elle est pourtant séparée mais qui est collant comme un poux), va petit à petit s’affirmer dans un monde phallocrate d’abord sourd à sa (petite) voix et ses ambitions artistiques. Gagnante de l’appel à projet visant à la rénovation du parvis de Notre Dame, Maud joue gros, et c’est une vasque en forme de pénis qu’elle présente comme ébauche, laissant le monde médusé. Donzelli s’amuse ici à confondre le sacré et les symboles tout autant qu’elle note l’aveuglement des plus conservateurs sur la question du féminin comme de l’art contemporain.

3 – Différents tempéraments d’acteurs

La réalisatrice réunit à l’écran différents tempéraments d’acteur : Pierre Deladonchamps, dans le rôle tendre de l’amoureux au nom romain (Bacchus), Virginie Ledoyen (Tata) Coco, meilleure copine et gynéco, mais aussi Thomas Scimeca, échappé des Chiens de Navarre, Bouli Lanners, Claude Perron ou encore Philippe Katrine. Une troupe donc, composée d’acteurs et actrices qui appartiennent à différentes familles d’humour et de cinéma, que Donzelli mène à la baguette. Magique.

Réalisé par Valérie Donzelli. Avec Valérie Donzelli, Pierre Deladonchamps, Virginie Ledoyen, Bouli Lanners… Durée : 1H30. En salles depuis le 18 décembre 2019. FRANCE.

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